[Billet spécial] Allaitement et médicaments[Billet spécial] Allaitement et médicaments

J'avais commencé à écrire plus de la moitié de ce billet avec l'appli mobile d'Overblog, et il se trouve que je n'ai jamais réussi à récupérer mon brouillon. Je vais donc devoir le ré-écrire, en espérant faire aussi bien (j'ai un peu la haine d'y avoir passé du temps et de devoir tout refaire, que j'en ai peur de tout bâcler...). En tout cas, l'appli mobile d'Overblog, je n'arrive jamais à en tirer quelque chose, je me demande si elle arrive à servir à quelqu'un.

 

Je voulais vous faire part de mon expérience de ce week-end, car je pense qu'elle est encore beaucoup trop courante de nos jours.

 

Après un point sur le côté droit qui faisait de plus en plus mal de jour en jour, de la fièvre, j'ai donc décider de consulter hier sans attendre lundi, ce "point" m'handicapant de plus en plus.

Me voilà donc en direction de la Maison de garde, je n'ai donc pas pu voir mon médecin traitant, et d'ailleurs, je ne sais pas ce que lui aurait fait.

Le verdict tombe: j'ai une infection sur un rein...il faut que je me soigne. OK.

Le médecin rédige donc l'ordonnance, et là, je l'informe que j'allaite. Il m'a regardé et il m'a dit "non, mais là ça ne va pas être possible de continuer", une petite vérif dans le Vidal plus tard, "non, je ne vous trouverais rien qui conviendra, et puis il faut quelque chose de "fort", mais vous savez, vous allez tirer votre lait pendant 7j, le jeter et vous reprendrais l'allaitement ensuite ! Et puis, au fait, si vous avez de la fièvre, il ne faut pas donner votre lait !".

 

Bon, j'ai tout de suite senti que je n'en tirerai pas grand chose.

Arrêter d'allaiter, ce n'était pas quelque chose que j'avais envisagé, surtout aussi vite. Je pensais qu'on me trouverai bien un médicament compatible !

Et puis, l'allaitement n'est pas une chose aussi simple que ce qu'il a l'air de penser. Il faut être sacrément motiver pour tirer son lait 6 fois par jour pendant 1 semaine, en même temps que donner des biberons. Et la reprise ne sera pas non plus forcément aussi simple.

Je suis ressortie de cette consultation dépitée, déprimée, à la limite au bord des larmes, mais il fallait que je me soigne.

Plusieurs questions me sont venues :

Est-ce que je trouverai la force, le temps et le courage de tirer mon lait dans les quantités que mon petit lapin boit actuellement ?

Est-ce que je tiendrais 1 semaine comme ça ? Ne vais-je pas abandonner petit à petit au fil des jours ?

Si mon lait se tarit, vais-je trouver le courage en moi pour relancer la lactation (je sais de quoi je parle, j'ai mis 2 mois pour relancer ma lactation pour ma puce à cause d'un début raté !).

Et surtout, mon petit lapin ne va-t-il pas se détourner du sein après 1 semaine sans rien du tout ?

 

Et puis, je me suis souvenue que j'avais déjà vu que des médicaments non recommandés aux femmes allaitantes étaient parfois compatible tout de même. Il fallait donc que je cherche, que je creuse.

J'ai donc commencé ma quête sur internet, je suis d'abord tombé sur un site suisse qui confirmait par test interposés, que cet antibiotique n'était pas compatible. Zut.

Mais j'ai continué à chercher, parce que question allaitement, je peux me montrer très tenace. J'ai découvert ça avec ma puce. Une mère capable de tout pour son petit !

Et là, je suis tombée sur le site de la Liche League, sur une page où on parlait justement de ce médicament pris en exemple car beaucoup de médecin font arrêter l'allaitement alors que ce n'est pas nécessaire avec celui là. Je reprends espoir. Mais ça ne suffit pas à Chéri, il veut plus de preuves qu'un article sur internet, surtout de la LLL. Quelle crédit lui porter ? Et puis il s'agit de la santé de notre petit lapin.

Je continue donc, j'envoie des mails, je remercie d'ailleurs au passage tous ceux qui m'ont répondus un dimanche ! Je continue de chercher, et je tombe sur un site peut-être un peu plus sérieux: le CRAT. Le centre de référence sur les agents tératogènes, basé dans un hôpital à Paris, une mine d'or en rapport avec les médicaments pendant la grossesse et l'allaitement ! Dingue que les médecins ne connaissent même pas ce site internet ! Ici, on me dit que le médicament est compatible car il passe en des quantités infinitésimales dans le lait (3% de la dose pédiatrique).

Mais ça ne suffit toujours pas à Chéri, même s'il est un peu plus rassuré. je continue donc de chercher des numéros de téléphone. Et après être passé par le site de l'hôpital où j'ai accouché, je tombe sur un numéro pour toutes les questions médicaments pendant l'allaitement: le centre de pharmaco vigilance. Le numéro est en 04, je ne sais pas si tout le monde peut appeler, mais je le donne quand même: 04 72 11 69 97. Je suis tombée sur une personne charmante qui a tout de suite compris mon problème et m'a rassurée, m'a dit qu'il n'y avait aucun problème car les quantités dans le lait était vraiment trop faibles, etc... Apparemment, les médecins peuvent aussi appeler ce numéro s'ils ont une question par rapport à l'allaitement et ils répondent même un dimanche.

 

J'ai pris beaucoup de temps pour trouver l'information de moi-même, j'ai mobilisé des gens un dimanche, j'ai eu du stress supplémentaire, alors que je suis déjà malade... 

Et tout ça pour découvrir que les médecins ont déjà à leur disposition des ressources spécifiques sur les médicaments pendant l'allaitement, alors pourquoi ne pas les consulter directement ? Par fierté ? Par non connaissance de ces ressources ?

Je me doute bien qu'ils ne peuvent pas tout savoir sur le bout des doigts.

Mais s'ils acceptaient une aide extérieure compétente, il y aurait combien d'allaitements sauvés ? On se plaint justement que le taux de bébés allaités chute énormément dans les premiers mois, mais combien sont dus à un sevrage non nécessaire ?

Et dans mon cas, j'ai encore eu la chance que le médicament prescrit était en fait compatible, sinon j'aurai réagi comment si j'avais appris qu'il aurait pu m'en prescrire un autre qui aurait été compatible ?

Pour la prochaine fois, je vais dire au médecin ce qu'il doit faire ? Et il ne le prendra pas mal ?

 

Voilà, j'ai poussé mon coup de gueule. Dans mon cas, j'estime que j'ai sauvé mon allaitement. Mais je suis en colère pour tous les autre allaitements arrêtés parce que les mères n'auront pas eu la force d'aller chercher l'information là où elle est, et surtout de croire bêtement ce qu'à dit leur médecin (ils savent être très convaincants pour nous dire que l'on va empoisonner bébé).

 

J'attends vos témoignages, j'espère aussi que cet article va aider d'autres mamans allaitantes, et je précise tout de même qu'il en existe des médecins pro-allaitement.

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